Bien sûr que le débat sur l'identité nationale est un débat passionnant, qui doit nous questionner, nous enrichir et surtout nous permettre de nous retrouver avec
nous-mêmes, au moment où la mondialisation a fait de notre planète un village, au moment où les transports et les télécommunications nous ont considérablement rapprochés, faisant de nous une
famille. Peut-être est-ce cette notion de famille qui gène la droite d'ailleurs, que l'immigration dérange dès lors qu'elle ne plaît pas aux membres originels, à ceux qui sont "arrivés en
premier". Un peu comme une belle-fille dont on ne voudrait pas qu'elle se marie avec le fils adoré par crainte qu'elle n'entre dans une famille trop bien préservée, trop figée dans sa peur de
l'autre et de se trouver confrontée à la différence.
Aujourd'hui, le sentiment qui fait Nation est intrinsèque aux Français, il est fait du passé, du présent et quand le moral est au rendez-vous, d'une envie commune d'avancer ensemble, pour un
futur digne de nos espérances. Un peu comme les Américains se sont sentis appartenir à une famille, belle et diverse, le jour de l'accession au pouvoir du Président OBAMA et de son ascension
tellement espérée.
Comme l'ont dit de nombreux socialistes, peut-être un peu maladroitement, ce débat doit voir le jour, mais certainement pas téléguidé par le pouvoir en place, certainement pas à la veille
d'élections qui voient revenir en région Provence-Alpes-Côte d'Azur le député zêlé Thierry MARIANI, celui-là même qui a voulu les tests ADN pour faire la chasse aux immigrés, comme l'a dénoncé le
Parti socialiste. On assiste impuissants mais pas muets à la reconduction à la frontière de trois Afghans qui risquent leur vie dans le pays qu'ils ont voulu fuir, rêvant à une France d'asile qui
s'est justement forgé une identité au travers de ses combats historiques en faveur des droits de l'Homme...
Nous en venons donc à ce qui forge une identité, ce sentiment français qui fait que nous nous sentons
proches dans la différence. Pour les jeunes socialistes du XXIème siècle que nous sommes, dire ce que représente le phénomène d'appartenance à un passé, une vie et des aspirations partagés
représente une difficulté, notamment dans la perspective de la construction européenne.
Nous croyons que "faire Nation" comme le disent certains philosophes, c'est d'abord être au clair sur des passages glorieux ou non mais surtout
symboliques de notre Histoire. La Révolution française, les Lumières, le Front populaire, nos découvertes scientifiques, nos combats de tous temps pour les droits de l'Homme et du citoyen, la
Seconde Guerre mondiale et la victoire contre l'arbitraire et la traite de l'être humain en général...
Nous croyons que faire Nation signifie être fiers de ce que les dirigeants qui nous gouvernent font de notre pays, de nos valeurs et la manière dont ils les incarnent. Nous avons une difficulté à
nous sentir fier d'être Français lorsque notre drapeau, qui nous appartient à tous, se lève derrière la silhouette de Nicolas SARKOZY, Président d'une République qui n'est plus celle à laquelle
nous rêvions, une République où nous voulons que le mérite et l'égalité de tous devant l'avenir priment sur toutes les considérations d'héritage et de succession intéressée. L'abolition de la
monarchie absolue semble bien loin...
Lorsque le drapeau tricolore sert de justification pour la droite en place à l'expulsion d'étrangers qui risquent leur vie dans le pays où ils ont grandi, lorsque le Président SARKOZY nous
ridiculise sur la scène internationale, lorsque nous rangeons nos valeurs dans la poche de l'argent pour accueillir royalement le dictateur KADHAFI ou que la France vend la technologie nucléaire
à l'Iran d'AHMADINEJAD... Lorsque le Gouvernement et le Président remettent en cause nos acquis sociaux, conquis à la bataille, sur le long cours, au prix parfois de nombreux sacrifices faits
dignement par nos ancêtres...
Oui, le présent fait aussi Nation et nous aurions plus que jamais besoin, aujourd'hui, d'un pouvoir qui fasse vibrer la liberté, l'égalité et la fraternité qui est ce sentiment d'être frères sans
se connaître, car ce qui détermine aussi l'identité nationale, c'est la foi commune en l'avenir, en des lendemains meilleurs, en un pouvoir qui respecte la République dont nous sommes, oui, si
fiers. Vive la République, vive la France!
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